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11 / 11 : ce qui s’est passé ces vingt dernières années !

Mesdames et messieurs !

Et tout à coup, nous avons un nouveau jubilé. Hourra !

Notre système d’exploitation cyber-immunisé, KasperskyOS est actuellement… Attendez ! Non, ce n’est pas exact…

Il y a exactement 20 ans, le 11 novembre 2002, nous avons entamé un long voyage extrêmement important : un voyage que nous n’avons toujours pas terminé. Un vaste projet grandiose qui va changer (et change déjà) énormément de choses dans le monde de la cybersécurité. Ce n’est pas une hyperbole, les amis. C’est réel. Pour connaître toute l’histoire de notre système d’exploitation cyber-immunisé, nous devons remonter jusqu’à ses origines modestes, au début des années 2000.

Avant de retourner 20 ans en arrière, je souhaite dire quelques mots sur la situation actuelle, celle du 11 novembre 2022. De nos jours, tout le monde (sauf ceux qui vivent dans une grotte) comprend parfaitement que la cybersécurité est d’une importance critique. Des milliers de milliards de dollars sont actuellement dépensés pour traiter les symptômes de cette cyber-maladie, mais peu sont investis dans la recherche des causes profondes. La seule façon de rompre ce cycle de pansements à ces symptômes est d’effectuer un remaniement complet de l’architecture des systèmes informatiques, rien que ça. Vous êtes d’accord ? Oui ? Très bien, et merci…

La première fois que je m’en suis douté, c’était il y a 20 ans… En automne 1989 ! À cette époque-là, le virus Cascade avait infecté mon ordinateur, ce qui a éveillé ma curiosité et m’a poussé à développer un système de protection contre ce virus et tous les autres outils cyber-contagieux.

Ensuite, la curiosité a eu raison de moi a été notre point de départ. C’est pour cela que nous avons créé notre premier antivirus V, puis que Kaspersky Lab a été fondé et enfin que nous nous sommes étendus partout dans le monde.

12 ans après Cascade, et ma prise de conscience quant à ces systèmes d’exploitation imparfaits et le besoin urgent de faire quelque chose, on pourrait dire que ces idées se sont cristallisées et ont vu le jour de façon pratique. Je m’excuse pour cet arbre généalogique qui peut vous sembler un peu trop détaillé mais c’est notre héritage après tout 😊…

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Les années du cyberpassé – partie 8 : 1998-2000 (trois grandes premières : restructuration, bureaux à l’étranger, conférence des partenaires).

Les premières années après la création de l’entreprise ont été les plus difficiles de toutes, car nous avons vraiment dû mettre les bouchées doubles, et presque nous tuer à la tâche. C’était comme si nous comprimions un ressort pour qu’il ne soit libéré que plus tard afin de faire monter la société haut et loin, au-delà de l’horizon et dans la bonne direction pour réaliser nos rêves fous (faites attention aux rêves vous que vous avez :)). Après l’enregistrement officiel de KL en 1997, nous avons fait beaucoup de choses avec très peu de moyens. Nous n’avions pas d’argent et presque pas de ressources, mais la cybersécurité n’attend personne : de nouvelles technologies étaient nécessaires et le marché exigeait de nouveaux produits. Nous avons donc travaillé dur, la plupart des week-ends, et presque sans jamais prendre de vacances. Alors, sur quoi travaillions-nous ? Voici un exemple…

Juin 1998 : l’épidémie globale du virus Tchernobyl (CIH) Tous les autres antivirus ne l’ont pas remarquée ou ne s’en sont pas préoccupés, ou étaient en vacances ; nous étions presque les seuls à avoir un produit qui non seulement attrapait le virus, mais soignait aussi les systèmes infectés par cet agent pathogène. Le web (ce n’était déjà plus seulement Runet:)) était bourré de liens vers notre site C’est ainsi que nos réactions ultra-rapides aux nouvelles menaces et notre capacité à lancer des mises à jour rapides avec des procédures de traitement de menaces spécifiques ont été récompensées. Alors que cette menace virale spécifique s’installait de manière incroyablement astucieuse dans la mémoire de Windows, attrapait les appels d’accès aux fichiers et infectait les fichiers exécutables il a fallu un processus de dissection personnalisé qui aurait été impossible à mettre en œuvre sans la flexibilité des mises à jour.

Donc oui, nous obtenions de bons résultats et nous progressions. Et puis, deux mois plus tard, nous avons reçu un coup de main (du destin ?!) des plus inattendus…

Août 1998 : la crise financière russe, avec la dévaluation du rouble, et le défaut de paiement de la Russie sur sa dette. Dans l’ensemble, c’était quelque chose de négatif pour la plupart des Russes, mais nous avons eu beaaaaaucoup de chance : tous nos partenaires étrangers nous payaient d’avance en devises étrangères. Nous étions exportateurs. Notre monnaie de fonctionnement était un rouble fortement dévalué ; et nos revenus des dollars, livres sterling, yens, etc. Nous étions riches !

Mais nous ne nous sommes pas reposés sur nos lauriers et notre coup de chance en pleine crise financière. Nous avons utilisé cette période pour embaucher de nouveaux managers professionnels (et donc chers !). Rapidement, nous avons eu des directeurs financiers, techniques et commerciaux. Et un peu plus tard, nous avons commencé à embaucher des cadres intermédiaires. C’était notre toute première « restructuration » – lorsque « l’équipe » est devenue une « entreprise » ; lorsque les relations amicales et organiques ont été remplacées par une structure organisationnelle, des subordinations et une responsabilité plus formelles. La restructuration aurait pu être douloureuse ; heureusement, elle ne l’a pas été : nous nous en sommes simplement sortis sans trop de nostalgie de notre époque « familiale ».

// Pour tout savoir sur ce type de restructuration / réorganisation dentreprise, je recommande fortement le livre Reengineering the Corporation par Michael Hammer et James Champy. Il est excellent. Vous pouvez trouver dautres livres ici.

En 1999, nous avons ouvert notre première filiale à létranger à Cambridge, au Royaume-Uni. Mais pourquoi, alors que le marché britannique est peut-être l’un des plus difficiles à pénétrer pour les étrangers ? En fait, c’était un peu par hasard (je vous raconte tout ensuite). Mais il fallait bien commencer quelque part, et de toute façon, nos premières expériences – y compris les nombreuses erreurs et leçons apprises – au Royaume-Uni ont contribué à faciliter le développement des affaires dans d’autres pays…

Notre toute première tournée de presse a eu lieu à Londres, puisque nous étions de toute façon dans la capitale britannique pour une conférence sur la sécurité informatique (InfoSecurity Europe). Lors de cette tournée de presse, nous avons fièrement annoncé notre intention d’ouvrir un bureau au Royaume-Uni. Les journalistes se demandaient simplement pourquoi, étant donné que Sophos, Symantec, McAfee, etc. étaient déjà confortablement installés dans le pays. Nous sommes donc passés en mode geek : nous leur avons tout dit sur le caractère véritablement innovant de notre entreprise, sur nos technologies et produits uniques et sur le fait que – grâce à eux – nous sommes meilleurs que tous les concurrents qu’ils venaient de mentionner. Tout cela a été noté avec un intérêt très surprenant (et un autre bonus : depuis lors, on ne nous a jamais posé de questions vraiment stupides !) Pendant ce temps, à InfoSecurity Europe, j’ai fait mon tout premier discours devant un public anglophone composé de… deux journalistes, qui se sont avérés être nos amis de Virus Bulletin qui en savaient déjà beaucoup sur nous ! C’était cependant la première (et la dernière) fois que nos présentations ne faisaient pas salle combe (au fait : plus de détails ici).

En ce qui concerne notre toute première conférence des partenaires, voici comment cela s’est passé…

Au cours de l’hiver 1998-1999, nous avons été invités à la conférence de notre partenaire OEM F-Secure (Data Fellows). C’est ainsi que nous avons découvert le format de la conférence des partenaires et l’idée formidable qu’elle représente : rassembler tout le monde, partager les dernières informations sur les technologies et les produits, écouter les préoccupations et les problèmes des partenaires et discuter de nouvelles idées. Nous ne sommes pas du genre à traîner – en un an (en 1999), nous avons organisé notre propre conférence de partenaires, en invitant à Moscou une quinzaine de partenaires d’Europe, des États-Unis et du Mexique. Nous voici tous réunis sur la place de la Révolution, à côté de la Place Rouge et du Kremlin :

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Les années du cyberpassé – partie 7 : 1997 fondation de Kaspersky Lab (mon Lab !)

Me voilà de retour avec plus de cyber-nostalgie K… Cet article porte sur une année très spéciale pour l’entreprise : celle de sa création ! Comme vous pouvez le voir sur le certificat d’immatriculation de notre entreprise, elle a été fondée le 26 juin 1997 :

Et c’est pour ça que nous faisons notre super-méga-fête d’anniversaire annuelle tous les mois de juin juillet (ne me demandez pas pourquoi, et puis, qu’est-ce que ça va changer, un mois de plus ou un mois de moins ?) Cette année est la seule où nous n’avons rien fait. C’est bien dommage. Mais nous n’avons pas le choix.

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Les années du cyber-passé – partie 5 : 1996 (l’année où tout a basculé)

Par le présent acte, je vous raconte d’autres anecdotes qui remontent au jour où nous sommes passés d’une entreprise aux débuts modestes à ce que nous sommes aujourd’hui. Cette série des années du cyber-passé n’est possible que grâce au… confinement ! Sans cela, je n’aurai jamais eu le temps de remonter les méandres de ma cyber-mémoire…

Juste au cas où vous auriez raté les épisodes précédents, les voici :

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4

Parfait. Partie 5 : 1996. Ce fut vraiment une année fatidique et un tournant décisif.

Premièrement, les fondateurs de KAMI, l’entreprise où je travaillais, ont décidé de se séparer. Par conséquent, KAMI a été divisée en plusieurs organisations indépendantes. L’année suivante, en 1997, nous nous sommes aussi séparés.

Deuxièmement, nous avons signé un contrat FEO (fabricant d’équipement d’origine) avec l’entreprise allemande G Data pour leur fournir notre antivirus. Ce contrat avait une durée totale de 12 ans… jusqu’en 2008, lorsque nous sommes devenus les numéros 1 sur le marché allemand. Voilà comment les choses se sont passées. Rien ne pouvait arrêter nos exploits originaux-technologiques ! Qu’allions-nous faire ? Quoi qu’il en soit, G Data nous avait contactés (nous ne pouvions pas chercher activement des partenaires technologiques à cette époque) avec la coopération de Remizov, patron de KAMI, et tout cela avait culminé avec la signature du contrat au CeBIT, comme je l’ai expliqué dans la partie 4. Voilà comment notre activité de licences de technologie a pris son envol.

Après les allemands (en 1995) ce fut le tour des Finlandais avec F-Secure (en 1996), ou Data Fellows à l’époque. Laissez-moi vous expliquer comment notre collaboration a commencé.

En août 1995, le tout premier virus macro est apparu et a infecté des documents Microsoft Word. Il s’avère que la création de virus macro était assez simple, que ce programme malveillant se propageait à une vitesse alarmante et qu’il touchait de nombreux utilisateurs qui ne se doutaient de rien. Ce fait a attiré l’attention d’autres créateurs de virus et les virus macro sont très rapidement devenus le problème le plus épineux pour le secteur des antivirus. Leur détection n’avait rien de facile puisque le format d’un document Word est très complexe (qui l’aurait cru ?). Les entreprises d’antivirus ont, pendant plusieurs mois, agi comme des chamans en utilisant plusieurs méthodes, jusqu’à ce McAfee (l’entreprise) communiqua en 1996 la « bonne » méthode de désassemblage des documents Word. Notre collègue Andrey Krukov (qui a rejoint notre équipe en 1995) s’est rapidement emparé de cette nouvelle et a mis au point une solution technologique plus élégante et plus efficace. J’ai fait passer le mot et les entreprises nous ont rapidement contactés pour nous faire une offre quant à l’achat de notre technologie. Après avoir recueilli diverses offres, nous avons organisé une réunion avec les différentes parties intéressées lors de la prochaine édition de la Virus Bulletin Conference organisée à Brighton, Royaume-Uni, à laquelle Andrey et moi avons participé en automne 1996.

Une fois à Brighton, les choses ne sont pas vraiment passées comme prévu : aucune de ces réunions n’a abouti ! Pourtant…

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Les années du cyber-passé – partie 4 : le CeBIT

Ce fut long mais l’été est enfin là ! Même si je ne suis pas sûr que cela soit aussi agréable que d’habitude puisque nous sommes toujours chez nous et que nous télétravaillons. Il est vrai que certaines mesures ont été assouplies ici et là, un peu partout dans le monde, mais ici, à K, nous ne sommes pas pressés. Je pense qu’il en est de même dans d’autres entreprises informatiques qui vont préférer le télétravail au moins jusqu’en automne, alors que d’autres employés ont déjà dit qu’ils pouvaient travailler de cette façon jusqu’à la fin de l’année. Il est évident que les voyages d’affaires sont encore annulés, tout comme le sont les expositions, les conférences, les Jeux olympiques, le festival de Cannes et toute une série d’événements de grande envergure. Certains pays maintiennent également la fermeture des frontières.

Alors oui, nous sommes encore enfermés, nous ne sortons pas beaucoup et nous perdons un peu la tête comme dans Cabin Fever. C’est du moins le cas pour de nombreuses personnes, sans aucun doute. D’autres profitent de leur temps libre et font plus de sport que jamais ! Ils sont le diable incarné. Je suis entre les deux. Ce jour sans fin m’épuise un peu, parfois, mais je m’occupe. Cela signifie dépoussiérer et ressortir mes vieux documents pour déterrer de vieilles photos et réveiller de très bons souvenirs (et constater la rapidité avec laquelle le monde change)… et rédiger l’article suivant de notre série sur les années du cyber-passé !

Il est vrai que cette série comprend un peu de cyber-nostalgie et de nombreuses expériences personnelles et professionnelles que j’ai vécues au cours de cette cyber-aventure et qui, je l’espère, aideront quelques personnes et seront intéressantes pour d’autres. Je continue donc aujourd’hui avec cette quatrième partie, qui est la suite du récit que j’ai commencé dans la partie 3 au sujet du CeBIT.

CeBIT… nous l’aimons à la fobits ! Tout était si nouveau et différent et immense et…

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Les années du cyber-passé – partie 3 : 1992-199x

Juste au cas où vous auriez raté mes deux premiers récits, voici le troisième épisode de mes chroniques du cyber-passé. Depuis que le confinement a commencé, tout comme la plupart d’entre vous, j’ai plus de temps pour me remémorer tranquillement tout mon parcours en cyberséKurité. En temps normal je serai très certainement dans un avion pour me rendre ici et là, un peu partout, que ce soit pour le travail ou pour faire du tourisme, ce qui me prend généralement tout mon temps. Puisque rien de cela n’est possible pour le moment (du moins en personne, dans la vie réelle), j’utilise une partie de ce temps libre pour m’installer devant mon ordinateur et laisser libre cours à cette nostalgie personnelle / de Kaspersky Lab / de cyber-histoire : cet article va du début au milieu des années 90.

Une faute de frappe devient notre marque

Au tout début, nous nommions tous nos antivirus suivant le modèle « -*.EXE ». Cela donne, par exemple, « -V.EXE » (scanner antivirus), « -D.EXE » (contrôle interne) ou « -U.EXE » (utilités). Le préfixe « – » était utilisé pour nous assurer que nos logiciels seraient en tête de liste des programmes dans un gestionnaire de fichiers (la geekitude technologique rencontre l’intelligence des relations publiques dès le départ ?).

Un peu plus tard, lorsque nous avons lancé notre premier produit complet, nous l’avons appelé « Antiviral Toolkit Pro ». Logiquement son abréviation aurait dû être « ATP » mais ce ne fût pas le cas…

Fin 1993, ou début 1994, Vesselin Bontchev, qui se souvenait de moi comme nous nous étions déjà rencontrés dans le passé (cf Les années du cyber-passé – partie 1), m’a demandé une copie de notre produit pour le tester au Virus Test Center (centre de test pour virus) de l’université d’Hambourg où il travaillait à l’époque. J’ai bien évidemment accepté et, alors que je compressais les fichiers pour créer une archive ZIP, j’ai accidentellement nommé l’archive AVP.ZIP (au lieu de ATP.ZIP). Je l’ai envoyé à Vesselin sans me rendre compte de mon erreur. Quelque temps plus tard, Vesselin m’a demandé s’il pouvait télécharger l’archive sur un serveur FTP (pour qu’elle soit rendue publique). J’ai à nouveau accepté. Une ou deux semaines plus tard il m’a dit : « Ton AVP connaît de plus en plus de succès sur le serveur FTP ! »

« Quel AVP ? » demandai-je.

« Qu’est-ce que tu veux dire lorsque tu me demandes « Quel AVP » ? Celui que tu m’as envoyé dans l’archive, bien sûr ! »

« QUOI ?! Renomme-le sans attendre, c’est une erreur ! »

« Trop tard. Il est déjà en ligne et connu sous le nom de AVP ! »

Voilà : nous devions continuer avec AVP ! Par chance, nous avons (plus ou moins) réussi à tirer notre épingle du jeu : Anti-Viral toolkit Pro. Comme je l’ai dit… plus ou moins 😊 Autant faire les choses jusqu’au bout : nous avons modifié tous les noms de nos utilités et remplacé le préfixe « – » par « AVP ». Nous l’utilisons encore aujourd’hui dans le nom de certains de nos modules.

Premiers voyages d’affaires – direction l’Allemagne pour le CeBIT

En 1992, Alexey Remizov (mon patron à KAMI et la première entreprise où j’ai travaillé) m’a aidé à obtenir mon premier passeport pour voyager à l’étranger, et m’a emmené avec lui au salon CeBIT qui se tenait à Hanovre, en Allemagne. Nous y avions un stand modeste que nous partagions avec d’autres entreprises russes. Notre table était à moitié recouverte de technologies transputer de KAMI, alors que l’autre moitié était consacrée à… nos offres antivirus. En récompense, nous avons obtenu quelques nouveaux clients mais rien de bien exceptionnel. Quoi qu’il en soit, ce voyage fût très utile…

À cette époque, nous voyons le CeBIT comme quelque chose de grandiose. C’était si immense ! Peu de temps s’était écoulé depuis la réunification de l’Allemagne et, pour nous, c’était encore un peu l’Allemagne de l’Ouest ; le capitalisme-ordinateur vous rend fou ! En effet, un véritable choc culturel (suivi d’un second choc culturel lorsque nous sommes revenus à Moscou. J’y reviendrai plus tard).

Étant donné l’immensité du CeBIT, notre petit stand partagé n’a pas vraiment attiré l’attention. Pourtant, vous savez ce que l’on dit : « ça ouvre des portes », « les premiers pas sont les plus difficiles », etc. C’est pourquoi nous sommes retournés au CeBIT quatre ans plus tard, mais cette fois pour commencer à construire notre réseau de partenaires européens (puis internationaux). Je pourrai vous en parler un autre jour dans un autre article. Je pense que ce pourrait être intéressant, surtout pour ceux qui se lancent dans le monde des affaires.

En attendant, même à cette époque, j’avais compris que notre projet avait sérieusement besoin d’un quelconque soutien marketing / de relations publiques. Puisque nous n’avions que trois francs six sous et que les journalistes n’avaient jamais entendu parler de nous, il était assez difficile d’obtenir quoi que ce soit. Pourtant, la conséquence directe de notre premier voyage au CeBIT a été la publication en mai 1992 d’un article sur nous, que nous avons rédigé, dans le magazine technologique russe ComputerPress. Des relations publiques du pays !

Fee-fi-fo-fum, je sens l’odeur de l’argent des Anglais !

Mon second voyage d’affaires a eu lieu en juin-juillet de la même année : direction le Royaume-Uni. Grâce à ce voyage, nous avons obtenu un autre article, cette fois dans le Virus Bulletin, intitulé The Russians Are Coming (Les russes arrivent). Il s’agissait de notre première publication à l’étranger. À propos, l’article parle de « 18 programmeurs ». KAMI comptait peut-être 18 employés au total, mais nous n’étions que tous les trois à travailler dans notre département antivirus.

Londres, juin 1992

En lire plus :Les années du cyber-passé – partie 3 : 1992-199x

Les années du cyber-passé – partie 2 : 1991-1992

Me voilà de retour avec mes cyber-histoires de la vieille école. Vous avez sûrement déjà lu le premier épisode où je vous racontais comment j’avais pêché mon premier virus et vous parlais de notre premier utilitaire antivirus et de ma décision de m’installer à mon compte pour devenir membre d’une profession qui n’existait pas encore vraiment à l’époque (analyste antivirus indépendant).

Donc, après quelques semaines en tant que freelance, où je n’ai pas fait grand-chose parce que je ne trouvais pas de clients, j’ai décidé que je devais retrouver un emploi normal dans une entreprise. J’ai donc comparé trois entreprises privées qui m’avaient proposé du travail.

L’une d’entre elles (KAMI) mérite un article à part entière, je n’évoquerai donc que les grands traits ici. Il s’agissait d’une société d’import-export assez importante et à multiples facettes, qui possédait un département informatique qui a fini par se séparer de KAMI pour devenir indépendant. Son patron était Alexey Remizov, un type formidable qui a cru en moi et m’a aidé pendant de nombreuses années.

Revenons à cette comparaison. Deux des entreprises m’avaient dit de passer les voir pour parler de mon offre. Quant à Alexey, il m’a proposé de venir à son bureau le lendemain matin. Ce jour-là, il m’a montré mon bureau et mon ordinateur, m’a donné de l’argent en tant que première avance, a créé mon  » département  » (le  » département antivirus  » ou quelque chose comme ça), et m’a fourni deux employés.

Ma première tâche a été de virer les deux employés ! Ils ne convenaient pas, tout simplement. J’ai bien réussi cette tâche, sans drame et sans conflit. Ils étaient d’accord avec moi sur le fait qu’ils n’avaient pas le bon profil.

Maintenant, quelques informations sur KAMI (en 1991, n’oubliez pas)…

Le département informatique de KAMI était composé d’une vingtaine de personnes, mais il n’y avait pas d’argent à dépenser pour les ordinateurs ! Le capital de départ provenait donc de la vente de chaussures importées d’Inde, de biscuits au chocolat, de la fabrication d’un système d’alarme pour voiture et de systèmes de codage des signaux de télévision (pour la télévision payante). Les seuls projets informatiques étaient mon département antivirus et un département de transputer qui s’est avéré être le département le plus prospère de KAMI à l’époque.

De quoi d’autre puis-je me souvenir ?

En fait, pas grand-chose, car j’étais trop occupé à travailler 12 à 14 heures par jour : je n’avais pas le temps de m’occuper de quoi que ce soit d’autre, y compris de la politique. Pourtant, laissez-moi réfléchir…

Nous avons loué notre premier bureau dans… un jardin d’enfants ( !) à Strogino, un quartier de banlieue au nord-ouest de Moscou. Ensuite, nous avons déménagé dans des locaux du Musée Polytechnique, puis à l’Université publique de Moscou, puis dans un institut de recherche, puis dans un autre… Nous en rigolions : à nos débuts, l’entreprise est passée par tous les niveaux, sauf le lycée !

Notre tout premier  » bureau  » à Strogino

En lire plus :Les années du cyber-passé – partie 2 : 1991-1992

Les années du cyber-passé – partie 1 : 1989-1991

Après avoir récemment écrit un article au sujet de notre historique de premières places au Top3 des tests indépendants, j’ai eu une petite bouffée de nostalgie. Et, par pure coïncidence, c’est justement le 20e anniversaire du  virus ver ILOVEYOU : encore plus de nostalgie, et un autre article ! Et je me suis dit : pourquoi s’arrêter là ? Et puis, ce n’est pas comme si j’avais grand-chose à faire, alors je continue ! Voici donc une nouvelle fournée de nostalgie made in Kaspersky, avec quelques anecdotes aléatoires, couchées sur le papier au fur et à mesure qu’elles me viennent à l’esprit.

Tout d’abord, rembobinons (avec notre lecteur de cassettes des années 80) à la fin des années 80, alors que Kaspersky n’était encore que mon nom de famille.

Première partie – La Préhistoire : 1989-1991

Je considère que c’est en octobre 1989 que j’ai fait mes premiers pas dans ce qui serait ma carrière professionnelle. J’ai découvert le virus Cascade (Cascade.1704) sur un Olivetti M24 (CGA, 20M HDD) dans des fichiers exécutables qu’il avait réussi à infiltrer, et je l’ai neutralisé.

En lire plus :Les années du cyber-passé – partie 1 : 1989-1991

Si j’avais reçu un dollar chaque fois que l’on m’a posé cette question au cours de ces 30 dernières années…

Bonjour les amis !

Savez-vous quelle est la question que l’on me pose le plus souvent lorsque je donne une interview ou une conférence de presse ?

La première fois qu’elle m’a été posée, c’était dans les années 90. Rapidement, elle est devenue la question redoutée qui m’a toujours donné envie de lever les yeux au ciel, tentation à laquelle j’ai résisté :). Après quelques années, j’ai décidé d’accepter le caractère inévitable de cette question et j’ai commencé à improviser et à ajouter des détails à mes réponses. Aujourd’hui encore, bien que mes réponses aient été publiées et diffusées à maintes reprises dans tous les médias à travers le monde, on me la pose encore et encore, inlassablement. Dernièrement, toutefois, c’est comme si la boucle était bouclée : lorsque l’on me pose cette question, j’aime me rappeler ces jours-ci !

En suis-je venu à bout ?

La question est : « Quel est le premier virus que vous avez découvert ? » et toutes les questions en rapport avec ce sujet, comme par exemple quand l’ai-je détecté, comment ai-je nettoyé l’ordinateur qui avait été infecté, etc.

Il s’agit d’une question très importante puisque si ce virus n’avait pas infecté mon ordinateur à cette époque, je n’aurais peut-être pas changé radicalement de carrière ; je n’aurais peut-être pas créé le meilleur antivirus au monde ; je n’aurais peut-être pas fondé une des plus grandes entreprises privées de cybersécurité et plus encore. Il est donc évident que ce virus a joué un rôle fatidique et a été un des premiers signes avant-coureurs  de ce qui allait suivre : des milliards de « descendants » puis, plus tard, la cybercriminalité, la guerre cybernétique, le cyber-espionnage ainsi que tous les cybercriminels du monde entier qui se cachent derrière tout cela.

Enfin… vous voulez peut-être savoir quelle est la réponse, non ?

Ce virus s’appelait Cascade.

Mais pourquoi toute cette nostalgie autour de ce virus tout à coup ? En lire plus :Si j’avais reçu un dollar chaque fois que l’on m’a posé cette question au cours de ces 30 dernières années…

Hier et aujourd’hui. 20 ans se sont écoulés – toujours crescendo

20 ans que nous existons : ça vous paraît beaucoup ou pas ? Et 25 ans de développement de nouvelles technologies et produits sans interruption (y compris les 5 ans avant Kaspersky Lab) ?

Pour répondre à cette question, nous devons nous interroger sur l’ancienneté du secteur de la cybersécurité. Eh bien, les tout premiers logiciels antivirus sont apparus juste quelques années avant, il y a 25 ans.

Cela signifie que nous faisons partie de la poignée de développeurs qui ont créé la cybersécurité ! En effet, nous sommes dans l’industrie depuis son enfance (lorsque les analyses à la demande faisaient fureur) et nous sommes toujours là aujourd’hui (dans la nouvelle ère du big data et de l’apprentissage automatique). Et c’est plus de 20 ans pendant lesquels nous avons fait partie de l’avant-garde. Oh oui et ne soyons pas modestes, c’est notre anniversaire après tout :).

Pensez à tous les cybercriminels que nous avons détruits ces vingt dernières années !

Bien sûr, il n’existe jamais une seule manière d’interpréter l’histoire. Et l’histoire de Kaspersky Lab n’échappe pas à la règle.

D’un côté, on pourrait regarder de vieilles photos prospères de nos jours d’il y a 20 ans mais nous pourrions également nous contenter de sourire et d’admettre la chose suivante :  » Pas mal pour deux premières décennies, mais ce n’est que le début ! « . C’est une question de perception : allez-vous vous concentrer sur les problèmes et les difficultés ou sur les succès et les réussites ? Eh bien, vous ne serez pas surpris par la perception que nous avons choisie dans cet article, oui, il s’agit bien de la deuxième : car nous sommes comme ça à KL, nous restons positifs. Dans ce secteur vous n’avez pas le choix ! Et nous espérons, chers lecteurs, que vous ferez de même.

Tout a changé en 20 ans ? Pas vraiment. Au moins une chose n’a pas changé, celle de travailler et de voir les choses en grand.

À la suite de l’anniversaire de KL, nous avons donc réfléchi de quelle façon nous pourrions susciter l’inspiration de manière plus graphique et plus forte, tout en restant fidèles aux faits historiques (et respecter les principes élémentaires de la décence 😊). Et c’est donc ce à quoi nous avons pensé : jetons un œil aux aspects les plus curieux et les plus amusants de l’entreprise au fil des années et voyons ce à quoi elle ressemblait avant, ce à quoi elle ressemble maintenant et comment elle sera à l’avenir.

Nous commencerons par nos bureaux :

Si nous revenons au tout début, au début des années 1990, nous avons changé de bureaux 6 fois !

Ici, par exemple, voici ce à quoi ressemblait l’épicentre du développement de l’un des meilleurs antivirus au monde en 1994. Il s’agissait de la totalité de notre bureau ! Nous nous sommes enregistrés comme  » Me Lab  » trois ans après mais c’était quand même notre bureau. Il faisait partie de la société KAMI qui fabriquait des logiciels et des solutions hardwares dans les années 90.

Au fait, c’est cette année-là (1994) que nous avions participé à des tests de l’Université d’Hambourg pour la première fois et que nous avions étonnamment gagné (et de loin) dans la catégorie qualité de la protection. Sur la photo ci-dessus, je pense que les sourires transparaissent à travers l’exténuation, après avoir appris notre victoire.

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