Archives mensuelles : mars 2019

Singapour accueille enfin le SAS. Vous êtes prêt ?

Bonjour les amis !

Je suis certain que vous le savez, mais juste au cas où, je vous rappelle que chaque année, vers la fin de l’hiver/début du printemps, nous organisons une gigantesque conférence internationale sur la cybersécurité : le SAS (Security Analyst Summit). C’est déjà le printemps, même s’il a encore neigé la nuit dernière à Moscou, et c’est pourquoi je souhaite vous parler à nouveau de l’événement de cette année… qui aura lieu dans seulement trois semaines, wow !

Cet événement est unique pour trois raisons bien spécifiques :

Tout d’abord, il s’agit du SAS, un événement où nous invitons les meilleurs experts de KL et les spécialistes connus dans le monde entier à présenter leurs dernières recherches, leurs découvertes les plus récentes, et les informations les plus curieuses en cybersécurité.

Ensuite, le SAS évite toujours les hôtels ou les centres de congrès typiques et ennuyeux qui se trouvent dans les principales capitales du monde. Nous choisissons au contraire des endroits exotiques où vous n’allez pas vous ennuyer, et où vous allez profiter pleinement du soleil, de la mer, du sable fin, du surf, de la sangria, … ou encore du cocktail Singapore sling, etc.

Enfin, il y a quelque d’incontournable que vous retrouvez lors de chaque édition du SAS ; cet événement déborde de divertissement, malgré le caractère sérieux du sujet de cette conférence : la cybersécurité !

SAS-2018 (Cancún)

Je crois que l’on peut dire que le SAS est surtout connu pour les rapports d’enquête brûlants, souvent sensationnels, partagés au cours de cet événement. Certaines personnes n’aiment pas cet aspect : elles pensent que nous choisissons les résultats selon le pays ou une possible attribution ; parfois elles aimeraient que nous ne rendions pas publics certains rapports scandaleux et éventuellement gênants (en mentionnant par exemple l’éventuel financement public, le cyber-espionnage, le cybersabotage, …) et que nous les fassions passer au second plan. Eh bien non. Ce n’est pas ce que nous allons faire. Juste au cas où vous l’auriez oublié, voici un petit rappel : nous partageons les informations de tous les crimes informatiques que nous trouvons. Peu importe le pays d’origine ou la langue parlée. Révéler les détails des incidents informatiques et des attaques ciblées les plus importants est le seul moyen d’avoir un monde informatique meilleur, et donc un monde meilleur en général. C’est pourquoi le SAS a été la plateforme utilisée pour divulguer les résultats obtenus sur le  » cousin de Stuxnet  » Duqu (qui a secrètement recueilli des informations sur les systèmes industriels européens), sur Red October (un cyber-espion qui espionnait les missions diplomatiques en Europe, aux États-Unis, et aux anciennes républiques soviétiques), ou encore sur OlympicDestoyer (une ATP sophistiquée qui a essayé de saboter les Jeux olympiques de 2018 en Corée du Sud). Et je sais que l’édition du SAS de cette année ne va pas faire exception à la règle : une cyber-rumeur qui provoque une grande effervescence est sur le point de se produire !

SAS-2016 (Tenerife)

Le SAS a eu lieu en à Chypre, Malaga, Cancún, Tenerife, Puerto Rico, Saint-Martin, mais aussi en Croatie et en République dominicaine (nos villes et pays préférés ont accueilli plusieurs éditions).

Cette année, après avoir constaté que le SAS a bien grandi (il s’agit de la 11ème édition) nous avons pensé qu’il serait judicieux d’apporter certaines modifications organisationnelles et voilà ce qui en est.

Le SAS de cette année aura lieu dans… une métropole ! Ce n’est pas pour autant qu’il s’agit d’une ville ennuyeuse, loin de là : elle est en bord de mer, et il s’avère qu’il s’agit d’une ville-jardin, rien de moins ! Oui, cette année nous nous retrouvons à Singapour les amis ! J’en suis très heureux. J’ai eu un véritable coup de cœur pour Singapour.

Ensuite, nous avons décidé d’ouvrir le SAS à un public plus large que d’habitude. Il s’agit généralement d’une rencontre réservée aux spécialistes en cybersécurité du monde entier, qui se distinguent dans ce domaine, et seulement sur invitation. Mais cette fois, et conformément à notre objectif de transparence, nous offrons à toutes les personnes souhaitant participer l’opportunité d’assister à une partie de ces conférences. C’est ce que nous appelons SAS Unplugged. Comme MTV Unplugged, mais pour le SAS.

Des experts reconnus donneront des présentations, des séances de formation et des ateliers. Vous avez droit à tout cela. Que vous soyez étudiant, novice ou expérimenté en cybersécurité, ou juste particulièrement intéressé par cette lutte contre les méchants informatiques, inscrivez-vous ! Soyez rapide parce que certaines séances sont déjà complètes.

PS : On m’a autorisé à vous communiquer un teaser au sujet d’une des interventions déjà confirmée. Il s’agit d’un de nos experts, Sergey Lozhkin, et il ne fait aucun doute que ce sera génial. Curieusement, il va nous parler d’une des formes les plus anciennes de cybercriminalité, mais ancien ne signifie pas pour autant hors sujet. Bien au contraire. Les escrocs qui s’en servent actuellement gagnent des milliards de dollars par an grâce à cette méthode. De quoi s’agit-il ? Purement et simplement de la fraude financière. Enfin, ce n’est pas si simple, comme Sergey va nous n’expliquer. Il va aussi nous dire comment cette technique a évolué au cours du temps, ce qu’est un vol d’identité numérique, combien coûte une identité numérique sur le darknet, ce qu’est un  » carder « , et bien d’autres choses…

PPS : Je suis impatient. Le SAS de l’an dernier a vraiment été exceptionnel. J’ai vraiment hâte d’assister à l’édition de cette année qui sera encore plus incroyable !

Bienvenue au SAS 2019 !

Cyber-histoires du côté obscur : piratage japonais légal ; piratage de Keychain ; 2FA = 0 dollars ; qui est à l’origine de cette attaque informatique en Iran ; et un léopard de mer qui a avalé une clé USB.

Bonjour à tous !

Voici la dernière édition de mon bulletin régulier / occasionnel sur les informations relatives à la cybersécurité : les histoires les plus intéressantes, récentes et absurdes…

Piratage approuvé par l’État !

Le gouvernement japonais est soupçonné d’organiser le piratage de 200 millions d’appareils de l’Internet des Objets de ses citoyens. Il ne s’agit pas d’un film de science-fiction, et il semblerait que cette situation soit bien réelle. C’est comme ça que les japonais se préparent à accueillir les Jeux olympiques qui auront lieu à Tokyo en 2020. Tout est parfaitement légal puisque le gouvernement est à l’origine de cette action. Les appareils des citoyens seront piratés en utilisant la méthode préférée des cybercriminels : les mots de passe par défaut et les dictionnaires de mots de passe. S’il s’avère que le mot de passe d’un dispositif est faible, alors les bureaucrates vont l’inclure dans une liste d’appareils non sécurisés, et ces informations seront ensuite transmises aux fournisseurs de services Internet qui devront le communiquer aux abonnés et les convaincre de mieux protéger leur dispositif en modifiant leur mot de passe. Il s’agit d’un test de résistance à l’approche des Jeux olympiques, afin de déterminer si les appareils de l’Internet des Objets du pays sont bien protégés, et pour essayer d’empêcher leur utilisation lors d’attaques qui viseraient l’infrastructure des Jeux olympiques. Les méthodes utilisées pour ce  » test  » peuvent facilement être contestées, mais le fait que les autorités fassent quelque chose de concret suffisamment à l’avance est un point positif. Il ne faut pas non plus oublier que les Jeux olympiques ont déjà été pris pour cible dans le passé, et le Japon n’était pas si loin.

Oups !

Un pirate informatique de 18 ans, Linus Henze, a publié une vidéo qui révèle une faiblesse surprenante de MacOS. Il s’agit surtout du programme Keychain qui garde et protège les nombreux mots de passe de l’utilisateur. L’adolescent a utilisé un exploit zero-day pour développer une application qui peut analyser tout le contenu du programme Keychain. Il est assez curieux et étrange de voir que M. Henze n’envisage pas de partager ses recherches et son application avec le géant technologique, puisqu’Apple ne dispose pas d’un programme de récompense pour les chasseurs de bugs (bug bounty). L’entreprise a deux options : soit elle négocie avec l’expert, ce qui serait une première pour Apple, soit elle essaie de résoudre le problème elle-même, ce qu’elle pourra ou non faire.

Pendant ce temps vous, chers lecteurs, n’avez pas à vous en faire pour la sécurité de vos mots de passe ! Il existe (qui l’aurait cru ?!) des gestionnaires de mots de passe multiplateformes parfaitement bien protégés. Quand aux chercheurs, sachez que certains fabricants de logiciel ont des programmes bug bounty.

 

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